La leçon de l’Univers : tout n’est que végétal
Pendant presque une année, de juillet 2010 à juin 2011, tout ce que je possédais tombait en carafe :
- mon appart, prêt à être réparé après un dégât des eaux vieux de deux ans, a subi un second dégat des eaux
- mon aspirateur a cassé
- mon module 3G/wifi n’a jamais marché
- mon déshumidificateur, pour assainir la salle de bain suite au premier dégat des eaux, est tombé en panne en se prenant le second dégât des eaux
- mon mixeur m’a lâché à la deuxième utilisation
- je change deux ampoules de ma voiture, deux autres ne marchent plus
- ma voile de kitesurf a subi 2 trous successifs en 3 sorties
Pour résoudre cette somme de problèmes, j’ai franchi plusieurs stades de maturité jusqu’à comprendre -roulements de tambours- une leçon de l’univers. Une véritable quête initiatique.
J’ai d’abord adopté l’approche productive, en systématisant la résolution des problèmes. La systématisation a rendu le suivi des actions plus fiable, mais pas plus rapide. Puis j’ai décidé d’attaquer la somme de ces petites gênes comme un vrai problème : on arrête tout et s’y consacre de manière exclusive. Rien n’a marché, mes tentatives de réparation échouaient et les appels aux SAVs s’enlisaient, sans compter les procédures de renvoi imbittables.
Semaine après semaine, la lassitude m’a gagné. J’ai essayé de faire le gros dos, de lâcher prise sur ces broutilles -je ne recevais plus d’amis dans mon appart moisi, par exemple. Mais ça n’a rien réglé : j’avais l’impression que ces petites choses déréglaient mon quotidien doucement mais sûrement, et ça commençait à me déprimer. J’ai senti que l’Univers, avec une grande insistance, essayait de me dire quelque chose, qu’il soumettait à ma compréhension une de ses Grandes Leçons.
Finalement, la Grande Compréhension est arrivée au printemps, lorsque je suis allé à la jardinerie. Je venais pour acheter un spatifillum -grande plante qui donne de superbes fleurs si vous êtes gentil avec elle- et au passage j’ai pris des fleurs, un citronier, un aloë véra, un petit palmier. Plein de choses vertes, en somme. Mon amie m’a posé la question : « C’est pour les voir crever ou tu penses avoir le temps de les entretenir ? ». J’en suis pas à ma première plante, ni ma première plante crevée, je savais donc à quoi m’attendre -sans compter l’entretien limité du palmier et de l’aloë.
Si vous achetez une plante, vous savez qu’elle aura besoin d’entretien pour vivre et vous procurer ce que vous attendez d’elle (embellir votre chez vous, sentir bon, croire que vous n’êtes pas seul, etc.). La luminosité joue, il faut arroser précisément et avec régularité selon l’espèce et la saison, et changer le pot de temps à autre (voilà, vous avez l’étendue de mes connaissances en botanique). Si vous n’avez pas envie de prendre du temps pour vos plantes, n’en achetez pas. Elle vont mourir et leur petites feuilles rabougries vous feront vous sentir coupable. Le végétal, c’est vivant.
Par opposition, j’associe les objets et appareils au minéral. Le minéral c’est la rémanence, l’inusable. Un bon outil peut prévenir un problème pour toujours. Logiquement, en technicien, je m’équipe pour me faciliter la vie -une fois pour toute. Sauf que pas.
Les objets sont des végétaux aussi. Tout n’est que végétal.
Tout demandera de l’entretien et de la surveillance sous peine de mourir :
- ton appart
- ton frigo
- ton lave-linge
- ton luminaire
- ta voiture
- ton lit
- ton iPad
Des plantes, des plantes, des plantes. Soit tu es ok pour t’occuper d’eux, soit tu t’en achètes pas.
C’était la grande leçon de l’Univers : mon problème n’était pas que mes objets cassaient, mon problème était d’avoir des objets. Ou plus précisément, avoir des objets sans avoir prévu de temps pour m’occuper d’eux.
Aujourd’hui je me ressers toujours de cette métaphore végétale pour toute acquisition : saurai-je l’entretenir ? J’ai envers tout objet une part de pacte : il embellit mon quotidien, je lui consacrerai du temps. Ai-je envie de m’encombrer de cette responsabilité ?
Stratégie créative : la partie invisible de l’iceberg
C’est venu comme un picotement : l’envie de redessiner. C’est pas exactement nouveau… 15 ans au bas mot que je touche plus un crayon, sauf une fois tous les deux ans en me disant « …dommage que j’ai pas le temps de m’y remettre ». Je me disais que créer une bannière ou des graphismes pour un site web serait l’occasion rêvée, mais savoir dessiner ou manier Photoshop (Pixelmator dans mon cas) ne suffit pas : il s’agit de trouver le contenu. Je sèche sur la page blanche, je tourne dans les thèmes wordpress gratuits, et je finis péniblement avec un truc standard, sans personnalité (tout rapport avec l’absence de bannière sur duquesnay.fr serait purement fortuit).
Je butte sur cette question de base : « Comment on créé le contenu, nom d’un chien ? ».
Et puis il y a quelques jours, pour Facilitation Distante, c’est venu tout seul. J’ai repris les dessins fait à la main que j’avais fait pour ma session « La Pilule Rouge » à l’USI, j’ai mis le petit bonhomme à la baguette magique en plus grand, comme icône principal (c’est le « facilitateur distant »), et zou, c’était plié.
À l’insu de mon plein gré, j’ai redécouvert le processus créatif dont m’avait parlé Roxana, l’illustratrice d’Octo, il y a quelques mois.
Voir moins loin
Dans de nombreux exercices de type vision ou focalisation j’entend « quelle est votre objectif final ? ». Non seulement ça finit par me gêner, mais je m’aperçois que cette question me bloque plus qu’elle me libère. Je viens de me retrouver plusieurs fois à faire accoucher des réponses par une question exactement inverse, consistant à voir moins loin, et même très près de soi. Hop, 3 exemples vécus : Lire plus
